De l’art préhispanique à l’art moderne

Peinture, musique ou danse, les racines sont profondes. Mais loin de se figer, l’art mexicain s’est tourné vers l’avenir en intégrant les influences et les courants artistiques modernes.

Chaque région a développé son histoire en fonction des influences naturelles et culturelles. Il n’est donc pas surprenant que l’histoire artistique du Mexique soit extrêmement éclectique. Les arts traditionnels et l’artisanat, la poterie, l’orfèvrerie, la laque, le travail du bois et les masques sont issus de l’héritage précolombien. Nombre de thèmes que l’on retrouve dans l’artisanat d’aujourd’hui sont des interprétations modernes de l’art traditionnel. Avec l’arrivée des Espagnols, les artistes mexicains ont eu tendance à suivre les mouvements européens. Un revirement s’est opéré dans les années trente, quand des peintres muralistes comme Diego Rivera, David Alfaro Siqueiros, José Clemente Orozco, Rufino Tamayo ont commencé à peindre des œuvres sur des thèmes typiquement mexicains. L’esprit joyeux de l’art mexicain, sa relation à l’Histoire et sa défiance de la réalité lui donnent bien sûr un charme unique.

La musique, tout comme l’art pictural, a une histoire riche et variée. La plus connue de toutes est celle des mariachis. Elle vient de l’Etat de Jalisco, où des groupes de chanteurs se produisaient dans les mariages. De nos jours, ils sont de toutes les fêtes. Dans l’Etat de Chiapas, la musique s’articule autour de la marimba, xylophone en bois originaire d’Afrique. Il évoque le climat tropical et embaumé de ces régions. Les « corridos » sont des sortes de ballades qui servaient à propager les nouvelles. Leur popularité s’est très vite répandue à travers le pays. Outre la musique, le Mexique présente une incroyable variété de danses, qui utilisent aussi bien des tambours creusés dans le bois que des flûtes de bambou. Elles font écho aux rythmes anciens des danses en l’honneur des dieux aztèques de la pluie, Tlaloc ou de la guerre, Huitzilopochtli.

D’autres danses laissent transparaître les rythmes de valses introduites par les Français, les Espagnols, etc. Parmi les danses les plus populaires, on peut citer les « viejitos » (la danse des petits vieux), dans l’Etat de Michoacán, danse masquée. Le « huapango » de l’état de Veracruz et de Tabasco, se danse sur une estrade qui résonne comme un tambour sous les pieds des danseurs. N’oublions pas le « jarabe tapatio », de Jalisco, qui est devenu la danse nationale, plus connu sous le nom de Danse du chapeau mexicain.

Les "fiestas" sont des occasions rêvées pour assister à des spectacles de danses ou de musique : les traditionnelles posadas ont lieu à travers tout le pays au mois de décembre. A cette occasion, les familles voisines organisent une pérégrination formée surtout par les enfants.

Ainsi, ils reconstituent le trajet qu’ont effectué Marie et Joseph. Ensemble, ils vont d’une maison à l’autre en chantant. Au début du carême, le Festival de Mazatlán et de Veracruz rivalisent avec les fêtes du Mardi gras à la Nouvelle Orléans. En novembre, la Fête des morts est l’occasion d’un rite à la fois étrange et magnifique. Cette cérémonie est célébrée à Janitzio, île située au milieu du lac Pátzcuaro, et dans tous les villages qui sont autour du lac. Le Festival Cervantino de Guanajuato est un exemple de mariage réussi entre tradition et modernité. Les meilleurs chanteurs, groupes musicaux et acteurs au monde se produisent dans les théâtres et sur les places.